Un jeune peut être mal à l’aise avec les autres, s’angoisser pour son avenir, ressentir une souffrance morale ou psychique parfois intense…

Qu’est-ce que la santé mentale ?

On a longtemps pensé que la santé était l’absence de maladie. La santé mentale serait donc l’absence de maladie psychique, par opposition aux maladies du corps.

Cependant, la définition de la santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) renvoie à une conception plus large :

« La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. »

Il n’y a donc pas de santé sans santé mentale.

La santé mentale est une composante de la santé. C’est la recherche permanente d’un équilibre entre toutes les dimensions de la vie : émotionnelle, psychique, physique, sociale, spirituelle, économique…

Notre santé mentale est influencée par nos conditions de vie (logement, activité, ressources), les événements marquants de la vie (rencontres, deuils, séparations), la société dans laquelle nous vivons et nos valeurs personnelles.

Les facteurs déterminants de la santé mentale sont le contexte familial, les conditions de travail, la reconnaissance des autres, l’estime de soi, la santé physique, la capacité à gérer le stress, l’accès aux soins,  et le statut socio-économique.

Comprendre la santé mentale en vidéo : « Le Cosmos mental » par Psycom (2023)

Est-ce que cela se passe forcément mal pour les jeunes ?

Selon les résultats de l’enquête EnCLASS menée auprès des jeunes en collège et lycée et publiée en 2024 par Santé publique France, la santé mentale des adolescents s’est dégradée entre 2018 et 2022, notamment celle des jeunes filles.

Enquête EnCLASS 2024

Plus de la moitié des élèves interrogés (51% de collégiens et 58% de lycéens) présentent des « plaintes psychologiques et somatiques récurrentes » : difficulté à s’endormir, nervosité, irritabilité, mal de dos.

27% des lycéens et 21% des collégiens déclarent un sentiment de solitude.

Plus de 15 % de lycéens et 14% de collégiens présentent un risque important de dépression.

Les comportements suicidaires évalués uniquement chez les lycéens montrent que 24 % ont eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois, avec 31% de filles et 17% de garçons.

Enfin, 1 lycéen sur 10 déclare avoir déjà fait une tentative de suicide.

https://www.santepubliquefrance.fr/presse/sante-mentale-et-bien-etre-des-adolescents-publication-dune-enquete-menee-aupres-de

L’adolescence, c’est le temps des risques : on se cherche, on cherche de nouvelles limites, on joue avec les interdits.

La particularité de cette période, c’est la grande variabilité des états émotionnels et psychiques qui peut faire passer du pire au meilleur en quelques heures ou en quelques jours.

À cet âge, aucun signe psychologique, aucun symptôme, aucun comportement ne peuvent être interprétés définitivement comme normaux ou pathologiques. Le mal-être peut être passager.

Quand s’inquiéter ?

Si les signes de mal-être s’installent durablement, si la souffrance psychique devient intense, peut-être est-ce le signe de troubles psychiques plus importants, pour lesquels une aide et des soins sont nécessaires.

Il faut donc être attentif aux changements brusques de comportements ou aux signes durables.


*Source : Magistère académique « Devenir personnel repère en santé mentale »
Les signes d’alerte à prendre en compte
 
1.      Incapacité à faire face aux tâches de la vie quotidienne ou aux exigences des relations sociales
Impossibilité de se rendre au collège ou au lycée (absentéisme important).
Isolement, rejet des réunions de groupe (dans le champ du handicap notamment).
 
2.      Répétition d’une même situation, plaintes somatiques
 Accumulation de douleurs physiques, d’accidents ou de maladies
Troubles du sommeil persistants
Succession d’échecs (par exemple aux examens)
 
3.      Prises de risques et actes auto-agressifs fréquents
Consommations excessives ou à risque d’alcool, de cannabis ou d’autres drogues illégales,  tabac, médicaments, jeux vidéo, jeux d’argent, sexe…
Blessures volontaires (scarifications par exemple)
Troubles des conduites alimentaires restrictives (anorexie)  ou excessives (boulimie)
Tentatives de suicide
 
4.      Actes agressifs contre les autres
Conduites délinquantes (vols, agressions physiques ou harcèlements infligés à autrui, etc.)

5.      Doutes trop intenses
Interrogations sur l’orientation ou l’identité sexuelle
 
6.      Traumatismes dont le souvenir ou les conséquences font souffrir
Maltraitance physique actuelle ou passée
Agressions physiques, sexuelles, viol, récents ou anciens
Harcèlement / cyberharcèlement

*Source : Psycom https://www.psycom.org/

Il est important d’identifier les signaux d’alerte ou de souffrance de l’élève, et de les distinguer des caractéristiques propres à l’adolescence.

Particularité du risque suicidaire  

Le suicide est la deuxième cause de mortalité des jeunes de 15 à 24 ans.
Une idée suicidaire, c'est avant tout un besoin d'arrêter de souffrir plutôt qu'un désir de mourir.

Pour un écoutant :
Poser la question d'idées suicidaires n'augmente pas le risque du passage à l'acte.
Ne jamais promettre de garder le secret.
Ne jamais rester seul et alerter immédiatement.
En cas d’urgence : réorienter vers une personne ressource ou appeler le 3114 ou le 15 SAMU

*Source : Formation académique en présentiel « Devenir personnel repère en santé mentale »

Au sein de l’établissement scolaire

La dégradation de la santé mentale des jeunes ces dernières années a placé le bien-être et la santé mentale des élèves au cœur des priorités de la politique éducative.

Chaque membre de la communauté éducative contribue, à son niveau, à l’instauration d’un environnement favorable au bien-être des élèves et des adultes : développement du pouvoir d’agir, meilleure connaissance de la santé, dont la santé mentale, contribuent à favoriser une bonne santé mentale :


*Source : Magistère académique « Devenir personnel repère en santé mentale »

Personnels ressources :

Les personnels sociaux et de santé sont dédiés à l’évaluation, à la prise en charge et à l’adressage des élèves en situation de souffrance psychique, éventuellement en lien avec des partenaires extérieurs.

  • Infirmier(e) en lien avec le médecin scolaire
  • Psy-EN
  • Assistant(e) social(e)

Personnels repères en santé mentale :

Deux personnels sont obligatoirement formés dans chaque établissement. Leur rôle n'est pas de prendre en charge un élève en situation de souffrance psychique mais d’être un premier relais :

Missions des personnels repères en santé mentale

Alerter les personnels ressources si nécessaire
Créer du lien avec la communauté éducative, dont les parents d'élèves.
Contribuer au développement de bonnes relations avec les élèves
Créer les conditions d'une parole libre (démarche École promotrice de santé).  

*Source : Notice du protocole gouvernemental en santé mentale « Du repérage à la prise en charge »

Protocole de santé mentale :

Rédigé obligatoirement dans chaque établissement, il porte à la connaissance de tous l’organisation de l’établissement pour la prise en charge des élèves en souffrance, selon différents axes : repérage, alerte, évaluation, orientation et suivi.


*Source : Notice du protocole gouvernemental en santé mentale « Du repérage à la prise en charge »

Il comporte également un volet de promotion de la santé mentale, notamment avec le développement des compétences psycho-sociales (capacité d’une personne à faire face efficacement aux exigences et aux défis de la vie quotidienne).

https://eduscol.education.gouv.fr/4677/developper-les-competences-psychosociales-chez-les-eleves

  • Notice du protocole santé mentale des élèves « Du repérage à la prise en charge » :
Document
  • Protocoles 1er degré 2d degré :

Partenaires extérieurs

Des lieux d’accompagnement gratuits et confidentielsexistent pour accueillir et écouter les jeunes :

Infirmiers, éducateurs, psychiatres, psychologues, professeurs, assistantes sociales y travaillent le plus souvent en équipe. L’accord des parents n’est en général pas nécessaire, mais le jeune peut également être reçu avec un parent ou un ami s’il le souhaite.

Il appartient aux personnels ressources de se mettre en lien avec ces structures.

Les personnels ressources de l’établissement scolaire et le médecin traitant de l’élève sont les premiers interlocuteurs pour les familles.

Si besoin et en accord avec la famille, le jeune sera orienté vers des lieux et des personnes assurant un accompagnement ou des soins à plus long terme :

  • Centres médico-psychologiques (CMP) ou Centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP) ;
  • Psychologue, psychiatre ou psychothérapeute, en libéral ou à l’hôpital.
Psychologues et psychiatres

Le psychologue est un spécialiste de l’écoute des autres, selon des méthodes définies et dans un cadre de travail précis. Il cherche avec le patient le sens de ses symptômes ou des répétitions à l’œuvre dans sa vie et propose des entretiens de soutien ou des psychothérapies (thérapies par la parole).
Si besoin, certains réalisent également des tests d’évaluation psychologique.

Dispositif Mon soutien psy (Séances prises en charge par l’Assurance maladie) : https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/remboursement-seance-psychologue-mon-soutien-psy  

Le psychiatre est un médecin spécialisé dans la santé mentale qui peut, à ce titre, prescrire des médicaments. Ses consultations sont en partie remboursées. Certains psychiatres proposent aussi des psychothérapies.

*Source : Psycom https://www.psycom.org/

Numéros nationaux :

Ressources et bibliographie :

  • La santé en actions n° 427 - Promotion de la santé en milieu scolaire ; Santé publique France, mars 2014.
  • Souffrances psychiques et troubles du développement chez l’enfant et l’adolescent - Guide de repérage ; Ministère des Affaires sociales et de la Santé - Fédération française de psychiatrie, 2013.
  • Crise et urgence à l’adolescence, Ph. Duverger, MJ. Guedj Bourdiau, Éd. Masson, Paris, 2013.
  • La souffrance des adolescents. Quand les troubles s’aggravent : signaux d’alerte et prise en charge - P. Jeammet, D. Bochereau, Éd. La Découverte, 2011.
  • La bienveillance : une compétence socio-émotionnelle de l’enseignant au service du bien-être et des apprentissages ? - Rebecca Shankland , Nicolas Bressoud , Damien Tessier, Philippe Gay – Article Questions Vives, décembre 2018.

Banque d’images en santé mentale :

Pour les jeunes et leurs familles :

Lien vers l’article « Favoriser le bien-être des élèves : le rôle du CPE en faveur de la santé mentale :

https://education-vie-scolaire.web.ac-grenoble.fr/sante-mentale-0/favoriser-le-bien-etre-des-eleves-le-role-du-cpe-en-faveur-de-la-sante-mentale